Laura Dupra

RĂ©dactrice – Traductrice – CM

J’écris, je lis, je traduis, je fais de la communication, je vais au cinéma, j’écoute des pop girlies, je fais des puzzles, de la peinture au numéro, je promène mon chien, je suis féministe, j’achète des fleurs et des plantes en pensant que ça va combler un vide, je défends les droits des enfants (et de tous les êtres vivants d’ailleurs, mais y’a que pour les enfants que je suis engagée dans une association), j’aime bien faire des photos et les partager sur mon Insta, je guéris.

  • Refrain de la chanson Stranger d'Olivia Rodrigo

    Ce matin, je me suis réveillée et assise au bord du lit
    Un sentiment étrange dans la poitrine : je pouvais de nouveau respirer
    J’avais de l’espoir pour la première fois depuis ton dĂ©part
    Je me suis sentie bien, tellement bien

    On me disait que ce n’Ă©tait qu’une question de temps
    Que le feu allait s’Ă©teindre, que la tempĂŞte allait se calmer
    Je pensais qu’on me mentait, que c’Ă©tait juste pour me rĂ©conforter
    Mais je me suis vraiment sentie bien, tellement bien

    Parce que tu es parti avec un bout de moi, mais je me suis reconstruite
    Je ne sais mĂŞme plus pourquoi j’ai passĂ© toutes ces nuits sans dormir
    J’ai pleurĂ© des rivières pour toi mais c’est fini maintenant
    Tu es juste un inconnu que je connais par cœur
    Tu es juste un inconnu que je connais par cœur

    Je me suis servie une tasse de café tout en repensant
    Ă€ toutes ces choses que j’avais faites pour que tu m’aimes
    Comment j’en suis arrivĂ©e Ă  lĂ  ?
    Tout ça pour un homme
    Parce que oui, tu n’es qu’un homme

    J’espère que tu es heureux maintenant et je le pense vraiment
    Car Dieu sait que je ne serai pas la fille que je suis aujourd’hui sans toi
    Je penserai toujours Ă  toi, je t’aimerai jusqu’Ă  la fin des temps
    Tu resteras la plus belle chose que je garderai si loin de moi

    Parce que tu es parti avec un bout de moi, mais je me suis reconstruite
    Je ne sais mĂŞme plus pourquoi j’ai passĂ© toutes ces nuits sans dormir
    J’ai pleurĂ© des rivières pour toi mais c’est fini maintenant
    Tu es juste un inconnu que je connais par cœur
    Tu es juste un inconnu que je connais par cœur

    Il n’y a plus rien Ă  dire,
    J’ai choisi de rester et toi, de partir
    Ça a fait mal mais ça n’a plus d’importance maintenant
    J’ai dĂ©jĂ  tout chantĂ©
    J’ai criĂ©, j’ai pleurĂ©
    Je t’ai aimĂ© Ă  la folie mais ça n’a plus d’importance maintenant

    Parce que tu es parti avec un bout de moi, mais je me suis reconstruite
    Je n’Ă©tais pas assez pour toi, mais moi, je n’ai besoin de rien de plus
    J’ai menĂ© des guerres pour toi mais j’ai quittĂ© le champ de bataille
    Tu n’es plus qu’un inconnu que je connais par cĹ“ur
    Tu n’es plus qu’un inconnu que je connais par cĹ“ur
    Tu n’es plus qu’un inconnu que je connais par cĹ“ur

  • Bird - Andrea Arnold

    Je ne connaissais pas Andrea Arnold avant de regarder ce film donc je ne savais pas Ă  quoi m’attendre et il s’avère que mon avis rejoint l’opinion gĂ©nĂ©rale. Donc aucune originalitĂ© dans ce que je vais dire mais pourquoi se priver d’un Ă©nième article qui dit la mĂŞme chose sur un mĂŞme sujet ?

    J’ai adorĂ© la dimension sociale de « Bird » parce que c’est facile de tomber dans du misĂ©rabilisme, de vouloir crĂ©er de l’empathie qui se transforme en pitiĂ© et de finalement de placer le spectateur en un voyeur un peu condescendant. Ici, rien de tout ça. Les personnages sont puissants, attachants, cherchent des solutions pour se sortir d’une vie qui les malmène, sont en quĂŞte de sens, de libertĂ©, d’identitĂ© dans un monde qui ne fait rien pour les aider.

    Les acteurs, mĂŞme et surtout les plus jeunes, sont hyper justes : parfois touchants dans leur vulnĂ©rabilitĂ©, parfois agaçants par leur insouciance. La cinĂ©matographie est magnifique. On passe des squats du Kent, aux prairies pleines de fleurs, Ă  la mer et ses mouettes, avec une lumière d’aube et de crĂ©puscule qui rend le tout presque onirique.

    D’ailleurs, le film part dans cette direction. On termine sur une fin fantastique, proche du conte, ce qui aurait pu me gĂŞner car jusque lĂ , le scĂ©nario, bien que marquĂ© par quelques bizarreries liĂ©es au personnage de Bird, reste très ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ©. Mais chacun·e peut y trouver l’explication mĂ©taphorique qu’il·elle souhaite et c’est ce qui fait la beautĂ© du film selon moi.

  • Ce matin, j’ai vu un cygne mort sur les quais de SaĂ´ne. On aurait dit qu’il dormait mais il faisait tâche dans le dĂ©cor. Il Ă©tait sur le goudron, pas dans l’eau, le cou sur son dos, les ailes un peu emmĂŞlĂ©es. Et ça m’a brisĂ© le cĹ“ur parce que je l’avais dĂ©jĂ  vu ce cygne.

    La veille, il Ă©tait plus loin, toujours sur les quais, pas lĂ  oĂą il aurait dĂ» ĂŞtre. Il Ă©tait sĂ»rement jeune, ses plumes Ă©taient encore grises. Il Ă©tait assis près d’un vĂ©hicule garĂ©, un homme faisait du bruit Ă  cĂ´tĂ© de lui, mon chien a aboyĂ© mais il n’a pas bougĂ©, juste tournĂ© la tĂŞte dans notre direction. Je me suis demandĂ© s’il fallait que j’intervienne, que j’essaye de le remettre Ă  l’eau, que j’appelle quelqu’un. J’ai continuĂ© ma balade et au retour, il n’Ă©tait plus lĂ . Je me suis dit qu’il avait dĂ» rejoindre sa famille et je n’y ai plus pensĂ©.

    Et ce matin, c’est la première chose que j’ai vu en descendant sur les quais, son corps sans vie dans le brouillard. J’ai pleurĂ© parce que c’est triste de voir un animal mort. Après, je me suis dit que si j’avais fait quelque chose la veille, peut-ĂŞtre qu’il aurait survĂ©cu. Et puis, j’ai rĂ©alisĂ© que ça n’avait rien Ă  voir avec le cygne en fait.

  • Je suis rentrĂ©e dans l’univers de Wendy Delorme par ce roman. J’ai commencĂ© Ă  le lire sans avoir vraiment compris de quoi il parlait, je ne sais mĂŞme pas si j’avais lu le rĂ©sumĂ©. Je croyais que c’Ă©tait un approfondissement de la thĂ©orie fĂ©ministe de la vierge ou la putain mais c’est une fiction, un roman qui raconte sa propre naissance.

    J’ai aimĂ© le style, parfois très cru (peut-ĂŞtre trop Ă  mon goĂ»t, mais c’est une question de sensibilitĂ©), avec des petites fulgurances poĂ©tiques qui rend le tout plutĂ´t beau. Je l’ai lu Ă  une pĂ©riode oĂą il m’a beaucoup parlĂ© et oĂą la colère d’ĂŞtre femme rĂ©sonnait pas mal.

    Et mĂŞme si c’est clairement dit dans la prĂ©face qu’il n’est pas question d’hĂ©tĂ©rosexualitĂ© ou de parentalitĂ© et que c’est une mauvaise lecture de l’interprĂ©ter comme ça, certains passages m’ont touchĂ© parce qu’ils rĂ©sonnaient avec des bribes de mon histoire. Et je trouve que c’est une force pour ce livre justement, de rĂ©ussir Ă  faire s’identifier des profils multiples au rĂ©cit.

  • L’Amour au prĂ©sent

    Il y a des films que j’oublie une heure après et il y a L’amour au prĂ©sent, auquel je pense encore 5 jours plus tard. Il y a des films oĂą mes larmes coulent silencieusement et il y a L’amour au prĂ©sent, oĂą j’ai eu besoin d’un bon quart d’heure après le gĂ©nĂ©rique de fin pour arrĂŞter de pleurer. Il y a les jolies comĂ©dies romantiques et il y a L’amour au prĂ©sent, qui en est une mais pas que. Ou peut-ĂŞtre que si, mais elles ont tellement mauvaise presse que je me fais influencer en ne voulant pas le classer dans cette catĂ©gorie sous-cĂ´tĂ©e.

    Je savais, rien qu’Ă  la bande-annonce, que j’allais ĂŞtre bouleversĂ©e. Mais je m’attendais pas Ă  ressentir autant d’Ă©motions un samedi matin de janvier. L’histoire d’amour est belle, joyeuse, inspirante, sincère et donne envie de (re)tomber amoureux·se. Ça fait tellement de bien de voir deux personnes qui s’aiment, simplement, en communiquant, en faisant des erreurs, en s’excusant, en riant, en partageant des moments banals comme les plus importants de leur vie.

    Andrew Garfield et Florence Pugh really sold it : on y croit, j’y ai cru en tout cas. On peut arguer qu’on est dans une fiction qui nous fait encore croire au couple idĂ©al, Ă  coups de grands gestes romantiques et de dĂ©clarations en public. Mais face Ă  tous les pseudo princes charmants qu’on nous a vendu, mettons-nous d’accord pour se dire qu’on ne mĂ©rite pas moins qu’un Tobias, qui soutient et laisse briller Almut, jusqu’au bout, mĂŞme si ça entrave ses propres rĂŞves.

    Il y a des scènes drĂ´les, des scènes Ă©mouvantes et des scènes dĂ©vastatrices. Rien n’est surprenant en soit, c’est une histoire de vie et c’est peut-ĂŞtre ça qui rend le film aussi juste.