Laura Dupra

RĂ©dactrice – Traductrice – CM

J’écris, je lis, je traduis, je fais de la communication, je vais au cinĂ©ma, j’écoute des pop girlies, je fais des puzzles, de la peinture au numĂ©ro, je promĂšne mon chien, je suis fĂ©ministe, j’achĂšte des fleurs et des plantes en pensant que ça va combler un vide, je dĂ©fends les droits des enfants (et de tous les ĂȘtres vivants d’ailleurs, mais y’a que pour les enfants que je suis engagĂ©e dans une association), j’aime bien faire des photos et les partager sur mon Insta, je guĂ©ris.

Ce matin, j’ai vu un cygne mort sur les quais de SaĂŽne. On aurait dit qu’il dormait mais il faisait tĂąche dans le dĂ©cor. Il Ă©tait sur le goudron, pas dans l’eau, le cou sur son dos, les ailes un peu emmĂȘlĂ©es. Et ça m’a brisĂ© le cƓur parce que je l’avais dĂ©jĂ  vu ce cygne.

La veille, il Ă©tait plus loin, toujours sur les quais, pas lĂ  oĂč il aurait dĂ» ĂȘtre. Il Ă©tait sĂ»rement jeune, ses plumes Ă©taient encore grises. Il Ă©tait assis prĂšs d’un vĂ©hicule garĂ©, un homme faisait du bruit Ă  cĂŽtĂ© de lui, mon chien a aboyĂ© mais il n’a pas bougĂ©, juste tournĂ© la tĂȘte dans notre direction. Je me suis demandĂ© s’il fallait que j’intervienne, que j’essaye de le remettre Ă  l’eau, que j’appelle quelqu’un. J’ai continuĂ© ma balade et au retour, il n’Ă©tait plus lĂ . Je me suis dit qu’il avait dĂ» rejoindre sa famille et je n’y ai plus pensĂ©.

Et ce matin, c’est la premiĂšre chose que j’ai vu en descendant sur les quais, son corps sans vie dans le brouillard. J’ai pleurĂ© parce que c’est triste de voir un animal mort. AprĂšs, je me suis dit que si j’avais fait quelque chose la veille, peut-ĂȘtre qu’il aurait survĂ©cu. Et puis, j’ai rĂ©alisĂ© que ça n’avait rien Ă  voir avec le cygne en fait.

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