
Ce matin, j’ai vu un cygne mort sur les quais de SaĂŽne. On aurait dit qu’il dormait mais il faisait tĂąche dans le dĂ©cor. Il Ă©tait sur le goudron, pas dans l’eau, le cou sur son dos, les ailes un peu emmĂȘlĂ©es. Et ça m’a brisĂ© le cĆur parce que je l’avais dĂ©jĂ vu ce cygne.
La veille, il Ă©tait plus loin, toujours sur les quais, pas lĂ oĂč il aurait dĂ» ĂȘtre. Il Ă©tait sĂ»rement jeune, ses plumes Ă©taient encore grises. Il Ă©tait assis prĂšs d’un vĂ©hicule garĂ©, un homme faisait du bruit Ă cĂŽtĂ© de lui, mon chien a aboyĂ© mais il n’a pas bougĂ©, juste tournĂ© la tĂȘte dans notre direction. Je me suis demandĂ© s’il fallait que j’intervienne, que j’essaye de le remettre Ă l’eau, que j’appelle quelqu’un. J’ai continuĂ© ma balade et au retour, il n’Ă©tait plus lĂ . Je me suis dit qu’il avait dĂ» rejoindre sa famille et je n’y ai plus pensĂ©.
Et ce matin, c’est la premiĂšre chose que j’ai vu en descendant sur les quais, son corps sans vie dans le brouillard. J’ai pleurĂ© parce que c’est triste de voir un animal mort. AprĂšs, je me suis dit que si j’avais fait quelque chose la veille, peut-ĂȘtre qu’il aurait survĂ©cu. Et puis, j’ai rĂ©alisĂ© que ça n’avait rien Ă voir avec le cygne en fait.
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